On débute notre saga du recyclage par ce mauvais élève qu’est le plastique, ainsi que ses cousins dérivés du pétrole. De l’invasion des produits suremballés à la folie des gadgets héritée des années 80, on commence à peine à se dire que finalement, ce n’était peut-être pas une si bonne idée. Vous voulez arrêter de bousiller votre santé et de tuer des petits animaux ? Pas de panique car vous avez tous les moyens à disposition pour mettre une bonne pâtée au vilain polypropylène. Les petits pots de yaourt vont apprendre à mieux se tenir !

Le tri qui rend fou

Vous avez été nombreux à me demander comment optimiser votre tri des barquettes de fraises, des pots de yaourt et autres films alimentaires. Des recherches assidues m’ont démontré que je m’étais souvent plantée en triant tel ou tel contenant…

Le tri en France, c’est très facile : avez-vous remarqué ces petits pictogrammes sur vos emballages ? logo tri

Hé oui, du jour au lendemain, ils sont apparus sur tous les paquets sans que personne ne s’en rende compte : pas de spot publicitaire à la télé, pas de pancarte informative dans les supermarchés, etc… Et pourtant, ils sont incroyablement pratiques ; vous ne savez pas où mettre votre pot de yaourt ? Le petit sac gris vous indiquera qu’il s’épanouira dans la poubelle d’ordures ménagères. Votre bouteille d’eau, quant à elle, fonce bien évidemment à la poubelle de recyclage.

Il n’y pas de petit dessin sur votre contenant en plastique ? Voici la solution de survie : cherchez, sur le cul de l’emballage, l’un de ces pictogrammes (Attention, parfois il faut vraiment regarder de près.) :

logos plastique

Le PETE et PE – HD sont les plastiques qui se recyclent le plus facilement. Les emballages en PP, eux, ne peuvent être recyclés que s’ils sont assez épais. Oubliez les gobelets en plastique ou les pots de yaourt : ils sont trop légers et seront plus utiles en étant brûlés et convertis en énergie (revalorisés). Le PVC, le PS et le PE – LD sont très difficiles à recycler (Le PVC est même une matière assez toxique…), mais certains centres de tri comme Paprec offrent aux professionnels la possibilité de recycler ces matériaux. Ces technologies sont cependant coûteuses et trop gourmandes en énergie pour des quantités non industrielles.

Éradiquons quelques idées reçues

  • Le Point vert ne signifie en AUCUN CAS que l’emballage est recyclable. Il indique simplement que l’entreprise qui les produit s’est engagée à respecter un cahier des charges dans le but de réduire la quantité d’emballages (pas de sachet fraîcheur, de barquette…)
  • On ne jette QUE les emballages à la poubelle de tri. Si vous ne voulez pas vendre ou donner vos vieux jouets, tupperwares, valises et autres, vous devrez faire un petit voyage à la déchetterie.
  • Inutile de laver les emballages : ils sont lavés une fois au centre de tri. Il suffit de bien les vider.
  • N’enfermez pas les emballages dans un sac plastique et ne les imbriquez pas entre eux : en les déposant en vrac vous facilitez leur recyclage.

Puisque toutes ces exceptions font un peu tourner la tête, ma copine Ophélie vous a préparé un petit schéma pour tout résumer. Il est parfait à afficher au-dessus de votre poubelle ou sur votre frigo !

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Plastic chart RGB Web1

Plastic revival 2.0

Nous vivons dans un monde où il est encore difficilement envisageable de vivre sans plastique. En effet, à l’heure actuelle, au lieu d’utiliser du charbon, certaines matières en plastique servent de fioul lors de l’incinération des déchets. On constate également que des efforts notoires ont été faits sur certains emballages en écoplastique. De plus en plus, on retrouve des emballages à base plastique recyclé à 70 % ou de mélanges d’origine végétale et pétrochimique.

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Emballage à partir de 40 % de craie et 60 % de plastique. Fabriqué en Chine puis exporté en Occident.

Autre innovation, le plastique oxodégradable : ce dernier subit un traitement spécial lors de sa création, permettant à la matière de se désagréger rapidement à la chaleur et la lumière. Malheureusement, des recherches récentes ont montré qu’il est très probable qu’il laisse derrière lui des particules microscopiques, le rendant tout aussi nocif qu’un filet à citrons.

Comment consommer moins de plastique ?

Tout d’abord, achetez autant que faire se peut en vrac et préparez du miam maison en avance pour la semaine. Si vous ne pouvez pas acheter un produit en vrac, regardez s’il existe emballé en carton. À défaut, regardez comment est emballé votre produit et choisissez la version qui se recycle le mieux. Enfin, limitez autant que possible vos achats à des besoins naturels nécessaires. Vous avez vu un pack de 12 boîtes de conserves de tomates bio en promo : OUI ! ça se garde et vous êtes certain de les consommer. Vous avez vu un paquet de biscuits méga-emballés : NON, ça ne sert à rien. Bien entendu, il est hors de question de jouer les super-héros : dédier sa vie à manger sain et ne pas acheter certains produits est incroyablement difficile. Ce qui compte, c’est d’adapter votre mode vie sans faire de sacrifices.

Des gens pas contents

D’une manière générale, on commence à en avoir un peu marre : la récente découverte des perturbateurs endocriniens, les fossiles de plastique qui jonchent les plages, la faune décimée par les déchets… En gros, on veut moins de plastique.

Car alors que le recyclage semble si salvateur, il y a un petit os… Si l’empreinte carbone baisse drastiquement et inexorablement, on peut se demander pourquoi, au lieu d’utiliser les matières recyclées pour du matériel médical (inhalateurs, contenants pour échantillons biologiques, etc.), elles servent souvent à la fabrication de éniéme objets de design, de gadgets et autres accessoires de jardinage superflus.